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Tout savoir sur la loi ALUR et la copropriété

La loi ALUR copropriété a profondément fait évoluer les obligations des syndics et la gestion des immeubles en copropriété. Adoptée le 24 mars 2014, la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové a notamment renforcé la transparence, la prévention des copropriétés en difficulté, l’information des copropriétaires et l’anticipation des travaux.

Plus de dix ans après son adoption, son impact reste très concret. Mais attention : le cadre juridique a continué d’évoluer depuis, notamment avec la loi ÉLAN, la loi Climat et Résilience et la loi du 9 avril 2024.

Pour un syndic, l’enjeu consiste donc moins à connaître la loi ALUR « par cœur » qu’à savoir quelles obligations s’appliquent aujourd’hui, quels documents doivent être disponibles, quelles échéances respecter et comment sécuriser leur gestion.

À retenir : cet article présente le droit applicable au 3 septembre 2026. Les règles de copropriété évoluant régulièrement, une vérification juridique est recommandée avant toute décision concernant une situation particulière.

Sommaire

Qu'est-ce que la loi ALUR et que change-t-elle pour la copropriété ?

Promulguée le 24 mars 2014, la loi ALUR a notamment cherché à mieux identifier les copropriétés, prévenir leur dégradation, renforcer l’information des copropriétaires et encadrer davantage leur gestion.

Pour les syndics, la loi ALUR et la copropriété sont notamment associées à plusieurs évolutions structurantes :

  • la création du registre national d’immatriculation des copropriétés ;

  • le développement de la fiche synthétique de copropriété ;

  • le renforcement de l’accès aux informations relatives à l’immeuble ;

  • la mise en place du fonds de travaux ;

  • le diagnostic technique global (DTG) ;

  • la modernisation de certaines règles de gouvernance et de gestion.

La loi ALUR a ainsi créé le registre national des copropriétés afin de permettre aux pouvoirs publics de mieux connaître leur état et d’anticiper les situations de fragilité.

L'immatriculation de la copropriété

Aujourd’hui, les copropriétés à destination totale ou partielle d’habitation doivent être immatriculées au registre national des copropriétés, quelle que soit leur taille. Cette démarche relève généralement du syndic, professionnel ou bénévole. Toutes les copropriétés concernées devaient être immatriculées au plus tard au 31 décembre 2018.

Le travail ne s’arrête pas à l’immatriculation initiale. Les informations financières doivent ensuite être actualisées chaque année, au plus tard deux mois après l’assemblée générale ayant approuvé les comptes de l’exercice précédent.

C’est donc une obligation à intégrer dans les processus récurrents du cabinet.

Les obligations du syndic issues de la loi ALUR

Tenir à jour les données de la copropriété

loi alur copropriete - mise a jour data

Le syndic doit notamment :

  • assurer l’immatriculation au registre national ;

  • actualiser les informations requises ;

  • établir et actualiser chaque année la fiche synthétique de copropriété ;

  • conserver les archives du syndicat ;

  • tenir à jour le carnet d’entretien de l’immeuble.

La fiche synthétique rassemble les principales données financières et techniques de la copropriété. Elle doit être mise à la disposition des copropriétaires.

Mettre des documents à disposition en ligne

Lorsqu’il s’agit d’un syndic professionnel, celui-ci doit proposer un accès en ligne sécurisé aux documents dématérialisés concernant la gestion de l’immeuble et des lots, sauf décision contraire de l’assemblée générale dans les conditions prévues par la loi.

Un décret fixe précisément la liste minimale des documents dématérialisés devant être accessibles sur l’espace sécurisé.

La liste minimale comprend notamment :

  • le règlement de copropriété et l’état descriptif de division ;

  • la dernière fiche synthétique ;

  • le carnet d’entretien ;

  • les diagnostics techniques en cours de validité concernant les parties communes ;

  • les contrats d’assurance ;

  • les principaux contrats et marchés en cours ;

  • les contrats d’entretien et de maintenance ;

  • les procès-verbaux des trois dernières AG annuelles concernées ;

  • le contrat de syndic en cours.

Des documents supplémentaires doivent être accessibles individuellement à chaque copropriétaire ou aux membres du conseil syndical selon leur nature.

Constituer et gérer le fonds de travaux

Fond de travaux et financement syndic - loi alur copropriete

Le fonds de travaux est l’une des mesures emblématiques associées à la loi ALUR copropriété, mais ses règles actuelles résultent largement de la loi Climat et Résilience.

Aujourd’hui, dans les immeubles concernés, la constitution d’un fonds de travaux répond aux règles prévues par l’article 14-2-1 de la loi du 10 juillet 1965. Le fonds est constitué au terme d’une période de dix ans après la réception des travaux de construction. 

Il sert notamment à financer le projet de plan pluriannuel de travaux, certains diagnostics, les travaux adoptés dans le PPT ou des travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble.

Lorsque le plan pluriannuel de travaux est adopté, la cotisation annuelle ne peut être inférieure à 2,5 % du montant des travaux prévus dans le plan et à 5 % du budget prévisionnel. Sans plan adopté, le minimum est fixé à 5 % du budget prévisionnel.

Loi ALUR copropriété : quels documents fournir et à qui ?

La recherche « loi ALUR copropriété documents à fournir » recouvre en réalité plusieurs obligations documentaires. Tous les documents ne doivent ni être transmis aux mêmes personnes, ni au même moment.

Pour le syndic, une organisation par destinataire est donc préférable.

Quel document ?
A qui ?
Obligations
Fiche synthétique

Données du registre national

Règlement, carnet d’entretien, diagnostics, contrats, PV d’AG…

Comptes, relevés bancaires et documents de contrôle

Convocation et documents nécessaires à l’AG

Procès-verbal d’AG pour les opposants et défaillants

Copropriétaires

Registre des copropriétés

Copropriétaires


Conseil syndic


Copropriétaires

Copropriétaires concernés

Mise à jour annuelle et communication sur demande

Actualisation annuelle des données financières dans les 2 mois suivant l’AG d’approbation des comptes

Disponibles sur l’espace sécurisé du syndic professionnel

Accessibles selon les conditions prévues par les textes

En principe au moins 21 jours avant l’AG, sauf urgence ou délai plus long prévu par le règlement

Notification dans le délai légal après l’AG

La convocation à l’assemblée générale doit en principe être notifiée au moins 21 jours avant la réunion, sauf urgence ou délai plus long prévu par le règlement de copropriété.

Depuis la loi du 9 avril 2024, la voie électronique est devenue centrale dans les notifications en copropriété. Le copropriétaire conserve néanmoins la possibilité de demander un retour au courrier postal. Pour comprendre concrètement les règles, les preuves et les documents concernés, consultez notre guide sur l’avis électronique simple pour les syndics de copropriété.

Cette évolution rend la gestion des préférences d’envoi papier et électronique particulièrement importante pour les cabinets.

Pour les autres courriers nécessitant un recommandé électronique qualifié, consultez également notre page consacrée à la lettre recommandée électronique.

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Convocations, PV d’assemblée générale, courriers papier et notifications électroniques : Edilink vous permet de centraliser et d’externaliser vos envois tout en assurant leur suivi et leur traçabilité.

Copropriété, travaux et loi ALUR : ce qui a changé

Le sujet copropriété travaux loi ALUR est souvent source de confusion car plusieurs réformes successives se superposent.

Le diagnostic technique global n'est pas systématiquement obligatoire

Le DTG permet d’obtenir une vision globale de l’état de l’immeuble, de ses équipements, des obligations réglementaires et des travaux susceptibles d’être nécessaires.

L’assemblée générale doit se prononcer sur la question de faire réaliser un DTG pour les immeubles concernés par le statut de la copropriété. Cela ne signifie donc pas que toutes les copropriétés doivent systématiquement disposer d’un DTG réalisé.

Le diagnostic comprend notamment une analyse des parties communes, de l’état technique de l’immeuble, des améliorations possibles de sa gestion et un volet relatif à sa performance énergétique.

Le projet de plan pluriannuel de travaux est désormais central

Il ne faut pas confondre DTG et projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT).

Cette obligation, renforcée par la loi Climat et Résilience, concerne les immeubles à destination totale ou partielle d’habitation âgés de plus de 15 ans. Depuis le 1er janvier 2025, son déploiement progressif est arrivé à son terme et toutes les copropriétés concernées sont désormais dans son champ, quelle que soit leur taille.

Le projet doit notamment identifier :

  • les travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble ;

  • les actions permettant d’améliorer la performance énergétique ;

  • leur coût estimatif ;

  • leur niveau de priorité ;

  • un échéancier sur dix ans.

Lorsque le projet fait apparaître des travaux nécessaires dans les dix prochaines années, le syndic doit inscrire à l’ordre du jour de l’AG la question de l’adoption de tout ou partie du plan.

Sanctions et risques en cas de non-conformité pour le syndic

Il n’existe pas une seule « amende loi ALUR » applicable à tous les manquements. Les conséquences varient selon l’obligation concernée.

Défaut d'immatriculation ou de mise à jour

Après une mise en demeure restée sans effet pendant un mois, le teneur du registre peut appliquer au syndic une astreinte pouvant atteindre 20 € par lot et par semaine jusqu’à la transmission ou l’actualisation complète des données. Cette astreinte ne peut normalement pas être refacturée aux copropriétaires par un syndic rémunéré.

Une copropriété non immatriculée ou dont les données ne sont pas actualisées peut également perdre l’accès à certaines subventions publiques.

Défaut de transmission de certains documents

Lorsqu’un copropriétaire demande sa fiche synthétique et qu’elle n’est pas mise à disposition dans le délai prévu, une pénalité de 15 € par jour de retard peut être imputée sur la rémunération forfaitaire annuelle du syndic.

Un mécanisme de pénalité de 15 € par jour existe également concernant certains documents demandés par le conseil syndical.

Au-delà de ces sanctions précises, le défaut de respect des règles de convocation, d’information ou de vote peut également créer des contestations, retarder l’exécution de décisions et engager la responsabilité du syndic selon les circonstances.

Comment un syndic peut-il faciliter sa mise en conformité ?

La conformité ne repose pas uniquement sur la connaissance des textes. Elle dépend surtout de la capacité du cabinet à industrialiser les tâches récurrentes.

Quelques bonnes pratiques permettent de limiter les risques.

1. Centraliser les informations de chaque copropriété

Registre, fiche synthétique, carnet d’entretien, diagnostics et données copropriétaires doivent être associés à des échéances clairement identifiées.

2. Mettre en place un calendrier réglementaire

‘idéal est de prévoir des alertes pour :

  • la mise à jour du registre ;

  • les AG ;

  • les renouvellements de diagnostics ou de contrats ;

  • les échéances liées au PPPT ;

  • l’envoi des convocations et des PV.

3. Sécuriser la gestion documentaire

Les documents doivent être classés, accessibles et conservés dans des conditions permettant de retrouver rapidement une information ou une preuve.

4. Industrialiser les notifications

C’est particulièrement important pendant les campagnes d’assemblées générales.

Une convocation peut compter plusieurs dizaines de pages et être adressée à des centaines de copropriétaires, certains en électronique et d’autres par courrier postal.

 

Edilink permet précisément d’externaliser l’evnoi des convocations et PV d’assemblée générale : impression, mise sous pli, affranchissement, envois électroniques, suivi et traçabilité.

Le syndic reste responsable de ses obligations réglementaires, mais réduit ainsi les tâches manuelles et les risques liés au traitement de volumes importants.

FAQ – Loi ALUR et copropriété

La loi ALUR a notamment instauré le registre national des copropriétés. La loi ALUR impose au syndic plusieurs obligations visant à renforcer la transparence et le suivi de la copropriété : immatriculation et mise à jour du registre national, établissement de la fiche synthétique, tenue du carnet d’entretien, mise à disposition de certains documents et gestion du fonds de travaux. Certaines de ces obligations ont depuis été complétées ou modifiées par des textes plus récents, notamment les lois ÉLAN et Climat et Résilience.

Dans les immeubles à destination totale ou partielle d’habitation concernés, un fonds de travaux doit aujourd’hui être constitué au terme de dix ans suivant la réception des travaux de construction. Son montant minimum dépend notamment de l’existence d’un plan pluriannuel de travaux adopté.

Non. L’assemblée générale doit se prononcer sur l’opportunité de réaliser un diagnostic technique global, mais cela ne signifie pas qu’un DTG doit systématiquement être réalisé dans toutes les copropriétés.

Le syndic professionnel doit notamment mettre à disposition le règlement de copropriété, la fiche synthétique, le carnet d’entretien, certains diagnostics et contrats, ainsi que les trois derniers PV d’AG annuelles concernés et le contrat de syndic en cours.

Oui. Depuis la réforme du 9 avril 2024, les notifications et mises en demeure sont valablement faites par voie électronique. Un copropriétaire conserve néanmoins la possibilité de demander à recevoir ses notifications par voie postale.

Conclusion sur la Loi ALUR et copropriété : anticiper plutôt que subir les obligations

La loi ALUR copropriété a marqué un tournant dans la professionnalisation de la gestion des immeubles : davantage de transparence, plus de données à maintenir à jour et une meilleure anticipation des travaux.

Depuis 2014, d’autres réformes sont venues compléter ce dispositif. Pour un syndic, la difficulté n’est donc plus uniquement de connaître ALUR, mais de piloter un ensemble d’obligations réglementaires qui évoluent dans le temps.

La meilleure réponse repose sur des processus structurés : documents centralisés, échéances automatisées, suivi des préférences d’envoi et industrialisation des campagnes de notification.

Vos campagnes d'AG ne devraient pas devenir une opération logistique.

Avec Edilink, externalisez l’envoi de vos convocations et PV d’assemblée générale, en papier comme en électronique, avec suivi et traçabilité depuis une solution pensée pour les volumes des cabinets de syndic.

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